13e COLLOQUE DES TÉLÉVISIONS OCÉANIENNES

Les identités océaniennes dans la révolution numérique

Chaque année, le colloque des télévisions océanienne est le rendez-vous des responsables de chaînes de télévision et de radio de la région Pacifique. Il est donc un événement très attendu des professionnels de la télévision océanienne. Ils se réunissent autour d’un leitmotiv : promouvoir l’audiovisuel océanien. Une réflexion s’articule alors autour de partages d’expériences et des collaborations sont créées. Une synergie intellectuelle et de moyens pour établir une stratégie régionale commune incite les chaînes de TV océaniennes à accorder une place de choix aux productions océaniennes dans leurs grilles de programme.

Cette année, un thème général a été choisi pour les sessions du colloque. Les participants et les intervenants débattront sur le thème des identités océaniennes dans la révolution numérique. À l’heure du tout numérique, ce thème soulève de nombreuses interrogations tant d’un point de vue technique que culturel et sociologique et sera développé en deux sessions.

1ère session : le numérique une chance pour le documentaire
Mardi 5 février – 14h à 17h – Chapiteau

De l’écriture à la diffusion multisupports, quels pièges éviter ? Quels conseils ? Quels soutiens locaux, régionaux ? Quelle place pour le documentaire et sa déclinaison sur les supports numériques ? Echange d’expériences.
Quelle place pour les identités océaniennes et les langues vernaculaires sur les nouveaux supports ?
Chaîne numérique et chaîne analogique, quels enjeux ?
Comment développer le prolongement du FIFO sur le numérique ?

2e session : partenariats en Océanie
Mercredi 6 février – 14h-17h – Chapiteau

Y a-t-il un point de vue océanien visible dans les documentaires ?
Co-productions régionales en partenariat avec le FIFO ?
Formations régionales, quel cursus ? Vers la découverte de nouveaux talents ?
BIP (Banque d’Images du Pacifique), quel bilan ? quels projets ?
16jeux du Pacifique (Samoa, 8-20 juillet 2019), quels partenariats ?

Compte-rendu du 13e COLLOQUE DES TÉLÉVISIONS OCÉANIENNES

Participants :

  • Anusha Duray (Australie, Directrice des programmes NITV)
  • Ben Hawke (Australie, producteur)
  • Béatrice Nivois (Directrice des documentaires de France Ô et du réseau la 1ère)
  • Emmanuel Tjibaou (Nouvelle-Calédonie, Directeur du centre culturel Tjibaou)
  • Fabrice Juste (Polynésie, Directeur éditorial Polynésie la 1ère)
  • Gérald Prüfer (Polynésie, Directeur régional de Polynésie la 1ère)
  • Gonzague de La Bourdonnaye (Nouvelle-Calédonie, Responsable de la communication et de la stratégie numérique Nouvelle-Calédonie la 1ère)
  • Gilles Marsauche (Directeur de projets à la Direction des contenus du réseau la 1ère)
  • Heremaoana Maamaatuaiahutapu (Polynésie, Ministre de la promotion des langues, de la culture, de la communication et de l’environnement)
  • Jean-Philippe Pascal (Nouvelle-Calédonie, Directeur régional Nouvelle-Calédonie la 1ère)
  • Laurence Mayerfeld (Directrice régionale France 3 Aquitaine et NoA)
  • Lisa Touma (Nouvelle-Zélande, Productrice Tikilounge, Coconet TV)
  • Luc De Saint-Sernin (Directeur en charge du conseil éditorial, Réseau la 1ère)
  • Mariannick Babe (Directrice de cabinet du pôle Outremer en charge de la communication, Réseau la 1ère)
  • Mateata Maamaatuaiahutapu (Polynésie, directrice de TNTV)
  • Norbert Taofifenua (Wallis-et-Futuna, Directeur éditorial de Wallis et Futuna la 1ère)
  • Olivier Murat (Wallis-et-Futuna, Rédacteur en chef de Wallis-et-Futuna la 1ère)
  • Patrick Durand-Gaillard (Nouvelle-Calédonie, Rédacteur en chef des magazines Nouvelle-Calédonie la 1ère)
  • Shona Pitt (Cook, Directrice de CITV)
  • Stella Taaroamea (Polynésie, Responsable des programmes de Polynésie la 1ère)
  • Stephen Stehlin (Nouvelle-Zélande, producteur, directeur de Sunpix – Tagata Pasifika)
  • Sylvie Kone (Relations presse Réseau la 1ère)
  • Tiare-Nui Pahuirui (Polynésie, Responsable des programmes locaux de TNTV)
  • Wallès Kotra (Directeur exécutif France Télévision en charge de l’outremer, Réseau la 1ère)
  • Willie Moses (Vanuatu, producteur VBTC)
  • Isabelle Dinand (Polynésie, Principale du collège de Tīpaeru’i)
  • André Tahimanarii (Polynésie, professeur d’audiovisuel au collège de Tīpaeru’i)

Par Skype :

  • Joshua Harris (coordinateur à la SEAPAVAA, en charge de la préservation des médias)
  • Max Bale (Chef du service RFI Planète Radio, coordinateur de la plateforme ePoP).
  • Frédéric Ballenegger (Nouvelle-Calédonie, responsable de la communication de la CPS, Communauté du Pacifique)

Près de 30 participants étaient réunis autour de la table de ce 13e colloque des télévisions océaniennes, – ou sont intervenus par Skype. De nombreuses régions d’Océanie étaient représentées : Australie, Cook, Nouvelle-Calédonie, Nouvelle-Zélande, Polynésie, Vanuatu et Wallis et Futuna, ainsi que la métropole. Rappelons que ce colloque est le seul lieu où chaînes de télévisions et producteurs océaniens se retrouvent.

Le thème retenu cette année Les identités océaniennes dans la révolution numérique, a été décliné en deux grands axes : partage d’expériences et partenariats en Océanie.

     1. PARTAGE D’EXPERIENCES
          1.1 La plate-forme néozélandaise Coconet TV, une fenêtre sur l’Océanie

Lisa Touma, productrice néozélandaise, ouvre ce partage d’expériences au travers de la plateforme Coconet TV, lancée en Nouvelle-Zélande. Coconet TV est la plus grande plateforme numérique de contenu d’images animées du Pacifique dans le monde précise-t-elle. Elle fabrique la majorité des contenus, mais aussi récupère des contenus libres de droit, et a un espace accessible aux communautés qui leur permet de créer leurs propres contenus et de les diffuser sur Coconet TV.

          1.2 La wiki radio de Guyane la 1ère, Radio Mi Lobi

Fabrice Juste, depuis peu directeur éditorial de Polynésie la 1ère, arrive de Guyane où la station Guyane la 1ère a lancé depuis un an et demi « Radio Mi Lobi », une wiki radio, c’est-à-dire diffusée uniquement sur internet. Face au constat d’une Guyane divisée en deux, celle du littoral où vit la majorité de la population et celle de l’intérieur, très grande en superficie, mais peu habitée et difficile d’accès, il fallait trouver une solution. La radio numérique apporte de nombreux avantages : Il suffit d’un micro, un ordinateur, une table de mixage et une connexion internet. Sous la supervision de Guyane la 1ère, les animateurs sont des jeunes déscolarisés issus de ces villages.

         1.3 La chaîne tout numérique NoA de France 3 Aquitaine

Une autre expérience mais cette fois télé, celle de la chaîne NoA, une chaîne télé tout numérique lancée en métropole par France 3 Nouvelle-Aquitaine. Laurence Mayerfeld, directrice régionale de France 3 Aquitaine, détaille le projet. La Nouvelle-Aquitaine représente 6 millions d’habitants, elle est la plus grande région de France, trois langues régionales. Or le décrochage régional sur France 3 n’est que d’1h40 par jour.  « On a proposé ce projet en 2017 à Delphine Ernotte : créer une chaîne totalement numérique, offrant plus de visibilité régionale et nous permettant d’élargir la tranche d’âge de notre public. » Un ordinateur, des smartphones, les moyens humains et techniques sont légers et mobiles. Les journalistes et techniciens sont volontaires, et formés pour diversifier leur métier. Trois heures par jour, une équipe NoA est en direct d’un village de Nouvelle-Aquitaine. NoA a déjà conquis son public.

André Tahimanarii, professeur d’audiovisuel et Isabelle Dinand, Principale du collège Tipaerui présentent les réalisations de leurs élèves en classe media. Ils réalisent des articles, des modules vidéos et audios dans toutes les langues. Leur souhait est de s’ouvrir sur d’autres collèges d’Océanie.

     2. PARTENARIATS EN OCEANIE
          2.1 ePOP, un réseau de vidéos participatives.

Par Skype, Max Bale, chef du service RFI, nous présente ePoP, une plateforme de vidéos participatives. Plus qu’un partage d’expériences, EPop est un appel à rejoindre le mouvement, à partager les vidéos. Des Epopers, 150 jeunes actifs, réalisent des vidéos de 2-3 minutes visant à capter le ressenti des populations face aux changements climatiques et environnementaux. ePOP est aujourd’hui bien présent dans le Pacifique notamment en Nouvelle Calédonie, mais aussi à Fidji, et dans d’autres territoires polynésiens. Les vidéos sont actuellement diffusées sur https://epop.network

          2.2 Un point sur les archives et le partage d’images

Suite au thème du colloque l’an passé sur les archives, Joshua Harris, coordinateur à la SEAPAVAA, en charge de la préservation des médias, fait un point par skype sur les avancées du projet de conservation des médias. La question est toujours difficile, car il reste encore de nombreux points à résoudre. Il compte beaucoup sur le prochain forum de la SEAPAVAA du 25 au 30 juin prochain à Nouméa pour avancer.

Frederic Ballenegger, responsable de la communauté du Pacifique explique la position de la CPS « Il existe une réelle volonté d’aider les chaînes à partager leurs images. La CPS est effectivement disposée à partager son contenu, mettre en place une plate-forme de partage, mais un certain nombre de points sont encore à travailler ».

          2.3 Un nouveau groupe Whatsapp EQUIPE COLLOQUE TV

Les Jeux du Pacifique approchent… Leur lancement est prévu en juillet, aux Samoa. Les chaînes de télévisions autour de la table s’accordent à dire qu’il faut unir leurs forces, davantage échanger sur ce dossier pour aboutir à une meilleure couverture TV, radio, web pour le public. Gonzague de La Bourdonnaye propose de créer un groupe whatsapp, pour ces jeux mais aussi, de manière plus générale, pour la suite des échanges entre professionnels de l’audiovisuel océanien.

Cliquez ici pour visionner la vidéo « compte-rendu du colloque des télévisions océaniennes 2019 » réalisé par quatre étudiants de l’ISEPP Rovine Liu, Terehau Tahiata, Tearii Knockel et Temareva Vaitoare, sous la houlette de leur tutrice de stage Hélène Leroyer.