Actualites

Images et écrits numériques


Dernière rencontre professionnelle, au sein de cette 7ème édition du FIFO, sur la question du numérique : Va-t-il tuer l’imprimé, la radio, l’écrit, la photographie ?… »

Comment les éditeurs, les écrivains, les journalistes…perçoivent-ils l’avancée du numérique et quel est l’équilibre qui est entrain de s’installer entre ces formes d’expression et la technologie du numérique ?

Au premier abord on est tenté d’avoir peur et l’on se dit que les technologies numériques vont « tuer » des tas de métiers, et puis on réalise que finalement, dans un secteur comme celui du livre, considéré comme un des derniers bastions de l’industrie traditionnelle, le numérique est déjà partout dans la chaîne de fabrication. Le câble par exemple va permettre d’envoyer des fichiers beaucoup plus lourds (à titre d’exemple ; un livre peut faire entre 10 et 100 méga et un livre d’art illustré peut faire de 30 à 40 giga). Le câble Honotua va donc permettre un flux plus important de données mais le tout numérique n’est pas encore une réalité dans le monde du livre dans sa dernière phase (on ne sait pas encore quels formats sur quels écrans). Aujourd’hui, la chaîne du livre est très structurée ; dans le monde virtuel on a tendance à griller les étapes et donc à supprimer des intermédiaires comme l’éditeur ou le libraire par exemple. Rien n’empêche un écrivain de mettre en ligne un livre sans passer par un éditeur comme certains artistes se font connaître sur le net sans passer par une maison d’édition et sans éditer de CD mais il faut faire attention au modèle économique que l’on veut choisir et placer le détenteur du droit au centre (écrivains, compositeurs, éditeurs..) car il y a un vrai danger si ce sont les fournisseurs d’accès qui détiennent la maîtrise du produit culturel.

Par ailleurs, l’expérience de Haere Po de mettre en ligne certains ouvrages trouve son intérêt à plusieurs titres : C’est une façon de faire connaître le produit, de ne pas se lancer dans une impression trop importante et aussi de l’acheminer à l’autre bout du monde car le fret à payer à l’export pour un éditeur local est très coûteux. Un journal peut être diffusé plus largement et sans coût avec un support numérique (dans les îles par exemple). On pourrait imaginer des kiosques numériques où l’on pourrait consulter ou imprimer des journaux du monde entier. L’internet est un outil très adapté aux médias et à la diffusion de l’information. Pour ce qui est du livre, la gratuité nuit. Le SNE (syndicat national des éditeurs) a porté plainte contre Google qui met des milliers de livres en ligne bien que des pans entiers de l’édition soient déjà en numérique (encyclopédies, guides de voyage…) On se rend compte alors que le numérique, facteur de développement, de facilité de diffusion… ne fait pas peur des lors qu’il situe toujours le créateur au centre du processus et c’est là qu’il subsiste encore des zones de floue.

Le numérique est une révolution. Il condamne les modèles économiques existants qui doivent impérativement se repositionner sous peine de disparaître. La société, les corps de métiers doivent s’adapter à ces nouvelles technologies qui évoluent très vite mais qui sont incontournables aujourd’hui. Et dans la mesure où tout un chacun a la possibilité de laisser une marque sur la toile, la valeur ajoutée devient primordiale et fait la différence (analyse pertinente, expertise pour le journaliste par exemple)

Deux étapes sont importantes sur la toile : construire une audience et la monétiser (par le biais de la publicité, de la vente de contenus et la création de zones payantes).

Aux Etats-Unis, par exemple, des internautes ont financé des journalistes sur un site pour suivre la campagne présidentielle d’Obama. Le e-learning est en plein essor dans les universités et la sortie de l’I Pad qui propose du son, de l’image, de la vidéo… en remplaçant le I Pod et l’ordinateur réunis, montrent bien que l’évolution est constante et que les outils sont de plus en plus performants. Le numérique doit donc être vu comme un moyen de développement mais en rien il ne tuera la création. Les écrivains continueront d’écrire, les musiciens de composer et les peintres de peindre.