Actualites

L’atelier écriture scénario de Christophe Nick : « il faut être habité par son sujet »


L’atelier scénario animé par Christophe Nick et qui a démarré mardi après-midi a littéralement captivé les participants, venus en nombre écouter les précieux conseils de cet auteur et producteur qui est une signature remarquée du documentaire.

« Il y a différentes façons de faire un documentaire, tout dépend du public que vous voulez toucher, mais il n’y a pas d’autres façons d’aborder le documentaire que dans le fait d’avoir des idéaux. Ce qui prime, c’est l’intention », affirme Christophe Nick qui va même plus loin dans le processus : « on ne fait pas un documentaire pour se faire plaisir, c’est tellement complexe à réaliser ! ».

Pour illustrer son propos, Christophe Nick n’a pas hésité à jongler avec les exemples de réalisations pour en faire ressortir les mécanismes de fabrication, permettant ainsi d’en prendre toute la dimension. « Il y a des documentaires réalisés avec très peu de moyens, mais dont l’idée et le scénario sont tellement forts qu’ils vont bouleverser, car poser les bonnes questions. »

Avec ou sans commentaires, avec ou sans archives, toutes les méthodes peuvent être envisagées, une des forces du documentaire tient justement au fait que l’on peut « tout inventer avec l’image ».

Autant de contraintes que de libertés donc, dans ce format audiovisuel qui « n’est pas marrant mais important », avoue Christophe Nick. « Se confronter au réel, c’est dur. L’enjeu d’un documentaire est souvent lourd et il faut en être à la hauteur. Il résulte d’un cri que l’on a envie de pousser, c’est un combat. Il s’agit aussi d’être créatif pour emmener les gens exactement là où l’on veut sans même qu’ils s’en rendent compte. C’est toute la magie d’un bon documentaire. »

Une magie qui n’a rien de magique justement, car il s’agit d’apprendre à maîtriser tous les éléments qui constituent une histoire et la rendent intéressante : construire des personnages, imposer un rythme, gérer une tension, créer des scènes… En d’autres termes, élaborer un scénario, c’est inventer un film complet sur le papier avant d’empoigner la caméra.

Du côté du public : différentes intentions

Vaihere est archiviste à la mairie de Papeete, elle a souhaité participer à cet atelier pour bénéficier de conseils. « Nous avons une cellule audiovisuelle chargée de collecter des témoignages. En fait, on constitue les archives de demain. Mais nous ne sommes pas des professionnels, aussi il est toujours bon de recevoir des techniques de travail ! Cela nous permettra de mieux anticiper la fabrication de nos films. »

Vaiana, elle, a un projet de documentaire. Elle et son équipe en profitent pour « se former pendant le FIFO. Rien qu’en une séance de cet atelier d’écriture de scénario, j’ai déjà compris comment j’allais pouvoir démarrer ce projet. C’est stimulant. »

D’autres participants sont venus par simple curiosité, guidés par l’envie de découvrir l’envers du décor, les coulisses de ces productions complexes et passionnantes : un temps de partage utile pour certains et précieux pour tous que le FIFO permet.