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« Le numérique océanien : états des lieux et perspectives »


Mercredi 13 février à 9H30, l’OPT présentait ses « Rencontres Océaniennes » avec ce débat lors duquel professionnels du numérique et de la télévision ont pu s’exprimer.

Benjamin Teihotu, Directeur de l’OPT, a commencé cette conférence en présentant les grandes lignes du groupe OPT et de ses filiales, Mana, Tikiphone et TNS : 55 abonnements de lignes téléphoniques classiques, 227 600 puces vini, 37 500 connexions ADSL, 25 000 décodeurs télévision, bref, des besoins de plus en plus importants à l’échelle d’un territoire grand comme l’Europe. Outre le déplacement, récent, des usages (beaucoup plus de nomadisme) et la convergence des technologies, la consommation de bande passante en Polynésie va crescendo depuis l’ouverture du câble. Benjamin Teihotu a également fait part de la politique du groupe en faveur de la création numérique : partenaire du FIFO depuis sa création, l’OPT apporte son soutien à d’autres projets comme la réalisation d’un documentaire polynésien, « Tupaia’s endeavour » : il retrace la vie du navigateur polynésien Tupaia, pilote du bateau de James Cook, l’Endeavour. Il sortira fin 2013 et sera, on l’espère, sélectionné au prochain FIFO.

Les participants invités aux rencontres numériques ainsi que le public ont pu en profiter pour poser de nombreuses questions sur l’OPT, ses réalités et ses projets (réseaux, débits, facturation, etc.).

Pour aller plus loin, Karl Tefaatau, Directeur de l’Agence du Développement du Numérique, a même suggéré au directeur de l’OPT l’idée de la création d’un fonds d’investissement pour soutenir l’innovation polynésienne, car selon lui, « l’OPT doit aller au-delà de son rôle de ‘transporteur’ ». Affaire à suivre !

Les télévisions en question

La deuxième partie de la conférence était axée sur les télévisions régionales et leurs problématiques de contenus. Carol Hirschfeld, Directrice des programmes de la chaîne Maori TV, a rappelé le rôle de ce « petit diffuseur » dans le paysage audiovisuel néo-zélandais, ses contraintes et ses impératifs. « Notre rôle est de valoriser et promouvoir la langue maori tout en offrant une réelle qualité de service ». Ce service, financé en grande partie par l’Etat, a vu le jour en 2004, son audience en 2012 a atteint 1,7 million de spectateurs. Un chiffre respectable pour un pays d’environ 4,4 millions d’habitants.  « Nous diffusons dans les deux langues, 50% de nos programmes sont en maori. En Nouvelle-Zélande, 15% de la population est d’origine maori, mais seulement 5% le parlent couramment. Nous sommes presque étonnés d’avoir tant de succès, je pense que c’est en partie lié au fait que notre programmation en anglais est également intéressante. » Pour coller aux nouvelles tendances et toucher un plus large public, la chaîne prépare actuellement un site Internet relayant son contenu, une stratégie pour aller vers  les jeunes et les encourager à regarder la chaîne.

Gonzague de La Bourdonnaye, responsable des nouveaux supports numériques de Nouvelle-Calédonie 1ère, rappelle pour sa part que la chaîne a été un « pionnier dans le développement local », présent depuis longtemps sur Internet et sur les réseaux sociaux. « La fracture numérique en Nouvelle-Calédonie se résorbe progressivement grâce à l’arrivée de la 3G. En brousse, les jeunes n’hésitent pas à faire 15 km pour se connecter et être actifs sur les réseaux sociaux. On profite de cet engouement pour les toucher. »

Mateata Maamaatuaiahutapu, Directrice des programmes de TNTV, est intervenue pour rappeler que TNTV produisait 45% de programmes locaux, dont 4h30 en langue tahitienne, tout en soulevant une contradiction qui devrait ouvrir un autre débat : « si l’on demande aux gens, 99% d’entre eux nous affirment qu’ils souhaitent davantage de programmes en langue tahitienne, et lorsque nous en diffusons, ce sont les moins regardés. »