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Witi Ihimaera : Le retour à l’authenticité

_MG_0473Witi Ihimaera est le premier écrivain maori à avoir publié un livre, Tangi en 1972. Auteur prolifique, ce maori originaire de l’île Nord de la Nouvelle-Zélande s’est surtout fait connaître suite au succès mondial de l’adaptation cinématographique de son livre The Whale Rider, plus connu sous le nom français de Paï. Pour la première fois, Witi Ihimaera est membre du jury du FIFO. Un honneur pour cet écrivain, fier de représenter la culture de son peuple au sein du festival.

Sur les huit membres du jury, vous êtes le seul parmi eux à être écrivain…

Oui, et je considère que c’est un plus pour le FIFO. Dans chacun de mes livres et nouvelles, je mets au centre de mon histoire celle de mon peuple, alors, à ce titre, je pense que ma place, ici, est largement légitime. Ensuite, même si je n’ai jamais réalisé de films, trois de mes livres ont été adaptés au cinéma (ndlr, White Lies (2013), Kawa (2009) et Paï (2003)). J’ai toujours tenu à être présent lors des tournages, j’ai toujours gardé un œil sur le script car, justement, même si ce n’est pas moi qui fabrique le film, j’en reste  l’auteur. Mais, avant tout, je suis maori et en tant que tel, il est de mon devoir de m’assurer que ma culture soit  bien adaptée et représentée à l’écran.

Vous êtes avec Stella Taaroamea, rédactrice en chef adjoint de Polynésie 1er, et Moana Brotherson, Directeur du pôle Communication et Multimédia de l’OPT, les seuls membres du jury à être natifs de Polynésie. Est ce insuffisant à vos yeux ?

Bien sûr. Nous sommes finalement peu à représenter dans le jury comme dans le domaine de la réalisation ou de la production, les peuples du Pacifique. Nous somme présents, ce qui est déjà une belle avancée, mais il y a encore du chemin à faire. Aujourd’hui, moi comme d’autres auteurs maori, on est en train d’essayer de réecrire l’histoire. En fait, on donne notre version ! C’est pour cette raison qu’il est très important que la culture maori et polynésienne soient représentée par ceux qui la font et non par ceux qui l’ont colonisée. Mais même pour nous, maoris, il n’est pas toujours évident de raconter nos histoires. Même si nous descendons du peuple polynésien – nos ancêtres venaient de Raiatea – entre les Tahitiens et les Maoris il y a une barrière : celle de la langue.  Nous sommes Maoris et Anglais, eux sont Polynésiens et Français. A ce titre, le documentaire tient une place très importante : en passant par l’image, il devient compréhensible aux yeux de tous.

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