Actualites

Pitch dating : 8 minutes pour séduire !

pitch dating 2Éprouvant pour certains, excitant pour d’autres, le Pitch dating est le nouvel exercice proposé par l’ATPA (Association Tahitienne des Professionnels de l’Audiovisuel) au FIFO. En huit minutes, il faut défendre un projet, séduire, convaincre un producteur, un acheteur, un diffuseur, etc. Top chrono !

« Il vous reste 4 minutes ! » Sur deux écrans de télévision, un chronomètre digital égrène les minutes, puis les secondes. Sous le chapiteau, au cœur du village du FIFO, s’élève un brouhaha que rien ne semble perturber. En ce mercredi 4 février, les professionnels de l’audiovisuel se sont réunis pour une session de Pitch-dating.  Une formule inédite au FIFO qui remplace l’habituel Océania Pitch. Comme pour les années précédentes, les porteurs de projets devront convaincre et séduire des producteurs, des diffuseurs, des acheteurs. Mais cette année, pas de préparation à l’exercice et les rencontres se font individuellement pendant huit minutes. Un face à face qui peut dérouter, il ne faut pas perdre de temps. Son numéro à la main, Gilles Parzy est venu rencontrer des producteurs et des diffuseurs. « J’ai déjà un distributeur. J’ai également un co-producteur, mais c’est encore insuffisant pour boucler le budget. On n’a pas commencé le tournage mais l’équipe est prête. Il manque une partie du financement, c’est la raison pour laquelle je suis là. » L’homme vient proposer une série de 5 fois 26 minutes sur son thème de prédilection : l’agronomie.  « La question de l’agronomie est abordée à travers des paysages polynésiens, il y a le plaisir de la découverte. » Ce type d’exercice est une première pour Gilles Parzy qui reconnaît que s’il porte ce projet en lui, il est parfois compliqué de trouver les bons mots devant les personnes rencontrées. « L’exercice est difficile, mais je suis optimiste. Les professionnels cherchent à voir un produit qui fait la différence. C’est en tout cas  ici qu’on peut obtenir des opportunités. »

Déjà le son d’une cloche retentit. Comme pour un combat de boxe, un nouveau round laisse la place à un nouveau projet à défendre. Anouk Ride, productrice du film Le Test, chronique d’une initiation en compétition cette année, est venue chercher des distributeurs anglophones. « Nous avons déjà la version française, mon but, c’est de pouvoir diffuser Le Test sur des chaînes de télévisions anglophones et aussi dans le Pacifique. » Elle qui a expérimenté le pitch en 2013 et remporté le prix de l’Océania Pitch, est curieuse de tester cette nouvelle formule.  « L’exercice est aujourd’hui très différent de l’Océania Pitch. A l’époque c’était très intense sur plusieurs jours. Nous pouvions affiner au maximum le pitch, faire de nombreuses modifications avant une présentation devant une trentaine de personnes. C’était très douloureux, mais en même temps cela a porté ses fruits, car le film ne serait sans doute pas en compétition au FIFO sans l’Océania Pitch, assure la productrice avant d’ajouter, cette fois-ci, c’est moins formel, plus décontracté, tu échanges avec une seule personne, tu captes toute son attention. » A la fin de la journée, Anouk Ride est  ravie, elle a rencontré des distributeurs, a noué des contacts. « J’adore le FIFO, nulle part ailleurs tu ne peux rencontrer autant de monde en une après-midi. »

Alexandra Sigaudo-Fourny

 

Interview d’Eliane Koller, membre de l’ATPA et coordinatrice du Pitch dating

« C’est un peu comme deux amis qui se racontent une histoire »

Pour des raisons budgétaires, l’Océania Pitch n’a  pas eu lieu cette année, mais vous teniez à proposer une autre formule.

Oui tout à fait, nous avons fait une pause pour un an, mais nous sommes déjà en préparation de la version 2016. Nous avions depuis longtemps l’idée de mettre en place un pitch dating, mais nous pensions le coupler avec le workshop. C’est d’ailleurs peut-être ce que nous ferons l’année prochaine.

Huit minutes, deux professionnels, une rencontre, c’est l’idée du pitch dating ?

L’idée c’est de convaincre un producteur, un chargé de programme, un diffuseur, selon les besoins du projet. Tout cela en huit minutes, donc la personne en face a le temps et la possibilité de poser des questions.

Vous avez participé en tant que productrice à ce pitch dating, quel retour pouvez-vous faire ?

J’ai vu des gens qui me présentaient des projets, mais ils oubliaient de me donner des informations importantes, par exemple qui ils sont dans ce projet. L’excitation, la perte de ses moyens peut vous faire oublier ces choses, mais comme nous sommes dans une conversation, dans un échange cela passe. C’est un peu comme deux amis qui se racontent une histoire.

Qui participe à cet exercice ?

Il y a tous les profils. Des producteurs bien connus qui ont des films en compétition cette année, mais également des jeunes de Tahiti qui ont saisi cette opportunité pour se présenter, parler d’eux et de leur projet. J’ai beaucoup apprécié.

Est-ce qu’en huit minutes on arrive à nouer des contacts ?

C’est comme le speed dating, on ne se marie pas en huit minutes, mais on peut rentrer en contact avec des professionnels, échanger ses coordonnées,  se donner rendez-vous dans deux jours au FIFO. Si les gens ont trouvé un vrai intérêt dans les projets proposés, il y a une continuité.