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Des maquillages plus vrais que nature

C’est un rendez-vous qui remporte un franc succès, amateurs et professionnels se pressent à l’atelier Make up FX. Ils viennent par curiosité ou pour approfondir leurs compétences. Ils découvrent les astuces de Christopher Prenat, s’imprègnent de ses bonnes habitudes et profitent de son expérience.

À première vue, Julie Doumic est gravement blessée. Elle présente une plaie ouverte sur l’avant bras droit. Mais, en souriant, elle raconte : « Christopher Prenat nous a montré les étapes d’un maquillage FX. Il y a de très nombreux produits sur mon avant bras, c’est impressionnant et j’ai trouvé là exactement ce que je cherchais, tant sur les connaissances que sur l’ambiance dans le groupe. » Elle est en train de monter un studio audiovisuel et s’est dit que l’atelier lui servirait. « Non pas pour faire moi-même du maquillage, je prendrai des professionnels quoi qu’il arrive mais pour mieux comprendre ce métier, savoir combien de temps il leur faut, etc. »

Christopher Prenat assure qu’il fait un métier peu connu, un « métier de l’ombre ». Les maquilleurs pour le cinéma sont sollicités avant le tournage « parfois plusieurs heures, et puis ensuite on ne veut plus nous voir ». Diplômé du conservatoire du maquillage de Paris, il travaille désormais sur le territoire (tournages, shootings photos, événements). En France, il a collaboré avec de grands noms et sait donc de quoi il parle.

Brûle à l’acide, coupure ensanglantée, rides…

Pour l’atelier du FIFO, il fait des démonstrations directement sur les participants. Une brûlure à l’acide, une coupure ensanglantée, des rides pour vieillir un personnage… « Créer l’illusion d’actions, d’objets ou de personnages », tel est l’objectif des différentes techniques utilisées pour les effets spéciaux (FX). « Quatre heures d’atelier c’est très court », regrette Christopher Prenant, « aussi je ne peux pas montrer un maquillage trop compliqué, certains peuvent prendre jusqu’à un mois ! Mais je donne des conseils et astuces pour faire des petits effets spéciaux réalisables en quelques minutes. Par exemple, je donne la recette du faux sang ». Il suffit pour cela de mélanger du miel, du café et de la grenadine.

« Il ne faut pas croire, même sur les grands films on doit parfois utiliser le système D, c’est pour ça qu’il faut connaître des astuces. » Le maquilleur oriente les participants vers les bons sites pour approfondir leurs connaissances. « J’en vois plein prendre des notes. »

Entretenir l’esprit FIFO

Parmi les participants du jour se trouve aussi Julie Audebert. Elle est enseignante spécialisée. Elle est venue « par curiosité » car le maquillage de scène l’a toujours intéressée. Celui du cinéma aussi. Elle insiste « c’est vraiment très chouette ces ateliers, gratuits, ouverts à tous, pros et très sympas. Ça participe à entretenir l’esprit FIFO. Depuis quelques années c’est vraiment comme ça que le perçois : le FIFO c’est une communauté, il y a quelques choses, c’est fort. » D’ailleurs, elle ne vient plus au FIFO : elle fifote « c’est passé dans le langage à Tahiti non ? ».

FIFO / Delphine Barrais