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Le colloque des télévisions autour des archives : « Les défis sont considérables ».

Durant deux après-midi, les télévisions de l’Océanie se sont réunies pour un colloque autour du thème des archives. Gonzague de la Bourdonnaye, de Nouvelle-Calédonie la 1ère, en était l’animateur, assisté d’Elodie Largenton. Il revient pour nous sur le bilan de ce colloque.

 

Pourquoi avez-vous décidé de vous concentrer sur les archives lors de ce colloque ?

 

Cette question était déjà dans l’air, on en avait parlé l’année dernière lors du FIFO. Car sans archives audiovisuelles, les télévisions et les producteurs auraient des difficultés à fonctionner. Le constat aujourd’hui est que s’il n’y a pas une prise de conscience urgente sur la nécessité de rationnaliser et de mutualiser les archives, les petites structures de l’Océanie vont voir un patrimoine précieux disparaître très rapidement. Les archives ont une valeur commerciale mais surtout patrimoniale, c’est une partie de la mémoire de l’Océanie. Les archives sont donc un sujet essentiel et je crois que tout le monde a compris l’enjeu. L’idée aujourd’hui est d’avancer vers une possible mutualisation. Le premier jour du colloque, on s’est concentré sur l’urgence de faire un constat de ce qu’il y avait dans le Pacifique et les solutions existantes avec l’INA. Le deuxième jour, on a parlé des archives de demain qui sont soit mises sur les gafa (YouTube, Dailymotion, etc.) soit trouver des solutions entre nous pour garder la maîtrise et le contrôle de nos archives.

 

Est-ce que des solutions ont été élaborées lors du colloque ?

 

Le CEAPAVAA, organisme des archives de l’Asie-Pacifique, va se pencher sur le problème spécifique de l’Océanie. Il s’est donné deux ans pour trouver une solution de mutualisation pour les petites structures, en résonnance avec le projet calédonien que nous avons présenté Linky Média et que nous voudrions associer avec la Polynésie, Wallis-et-Futuna, et les pays de la zone pouvant être intéressés. Il s’agirait d’une solution avec une gouvernance ouverte et une plateforme d’archives selon un modèle économique qui reste à déterminer, des personnes travaillent déjà sur la question. Une gouvernance ouverte, cela signifie que c’est ouvert à tout le monde et personne ne prendra le contrôle. L’idée est qu’il y ait du gratuit afin que la population puisse avoir accès à cette mémoire des pays mais qu’il y ait aussi des choses à acheter. Quoiqu’il en soit, il faudra que les droits des auteurs et de reproduction soient respectés.

 

Quelle est la suite ?

 

Avant de créer une plateforme et gérer tous les problèmes de droits, on doit recenser les archives audiovisuelles. CEAPAVAA va tenter de recenser tout ce qui existe comme accès aux archives audiovisuelles. L’indexation doit être plus ouverte, on doit savoir où aller si on veut parler des aborigènes, des Polynésiens, des Papous… Ce qui était intéressant dans ce colloque est que les producteurs sont aussi intervenus. On a donc vu la difficulté pour les producteurs océaniens d’avoir accès aux archives car elles sont chères. L’INA, qui a développé un très bon modèle d’archives où le grand public a accès aux archives, semble ouvert à la négociation et nous allons voir si des coopérations sont possibles. Mais, il doit y avoir avant tout une prise de conscience politique des Pays et des territoires sur l’importance de la mémoire audiovisuelle. Aujourd’hui, les budgets des archives sont sacrifiés alors que c’est primordial car elles appartiennent au patrimoine.

 

Quelle sera la première étape après le FIFO ?

 

On va devoir s’appuyer sur un opérateur comme OPT puis faire un lien pour que l’outil soit partagé. Le projet va certainement très vite aboutir car la technologie s’est développée et la question du coût n’est plus centrale. Il reste néanmoins deux questions centrales : où mettre les archives, est-ce qu’on les confie aux gafa ou les garde t-on pour nous ? Ensuite, avec l’explosion des données avec notamment les images prises par les téléphones, que fait-on, comment on trie, sélectionne, indexe ou recontextualise ? Les défis sont considérables. Toutes les questions ont été abordées lors du colloque, qui a été très dense. Mais, le bilan est très positif.

FIFO/Suliane Favennec