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Le Fifo entre dans l’âge adulte

 

La quinzième édition du festival international du film documentaire océanien s’est finie en beauté avec la traditionnelle remise des prix pour les professionnels, le jury et les invités. Le public a eu, lui, jusqu’à dimanche 17 heures pour profiter des dernières projections. Pour les organisateurs, le bilan est positif. Le Fifo gagne en sagesse, et en noblesse.

« Lors de la première conférence de presse je parlais du Fifo comme d’un adolescent, je parlais d’insolence, je crois que l’on peut désormais parler de résilience », résume Mareva Leu, déléguée générale de l’association du Fifo. Le festival a fêté ses 15 ans en 2018. À cette occasion la sélection, les thèmes choisis et le traitement de ces thèmes a eu un certain « aplomb ». Mareva Leu ajoute : « nous avons eu la chance d’avoir des films de très grande qualité, avec des sujets variés et assumés ».

Un adolescent résilient

« D’une certaine manière on a pris des risques en choisissant un président de jury issu de la comédie, en sollicitant le Père Christophe comme membre du jury. On a voulu oser », indique Mareva Leu. « Et puis finalement tout s’est très bien passé, malgré les conditions et c’est pourquoi, je parle désormais de résilience. » L’adolescent a gagné en sagesse.

La pluie, invitée surprise du festival, a posé un certain nombre de problèmes logistiques, elle a joué sur la fréquentation. « Les gens étaient dans les salles, ils ne s’attardaient pas dans le village. » Toutefois, et même si les chiffres du nombre d’entrées n’ont pas encore été divulgués, les salles étaient combles tout au long de la semaine. « Nous avons le sentiment d’une bonne fréquentation. De ce fait, nous nous rapprochons de nos objectifs qui sont de faire connaître et de valoriser l’Océanie. »

Succès sur tous les fronts

Les ateliers ont eux aussi remporté un franc succès. « Ils ont bien marché », confirme Mareva Leu. « Ce sont des rendez-vous gratuits, les seuls ateliers audiovisuels de l’année et cela plaît. » Les petits nouveaux, l’atelier court-métrage et le marathon d’écriture proposé aux scolaires « transforment l’essai ». Le marathon d’écriture a permis à sept jeunes issus de deux établissements scolaires polynésiens de s’essayer à l’écriture de scénario. « Ils ont travaillé sur une journée de dix heures avec trois coachs, soit un coach pour deux ou trois élèves », précise Mareva Leu.

Les soirées ont, elles aussi, séduit. La 9ème nuit de la fiction proposée le samedi 3 février a ému aux larmes les spectateurs. Quatorze films de trois à dix-huit minutes ont été projetés à un public comblé. Le lundi soir, nouveauté 2018, ce sont des courts-métrages documentaires qui sont passés à l’écran. « On estime environ 500 spectateurs à cette soirée, ce qui est bien pour un jour de début de semaine », rapporte Mareva Leu. « Mais je ne sais pas si l’on reconduira cette soirée que l’on a appelée Fenêtre-sur-courts. Tout dépendra des films que l’on recevra. » Fenêtre-sur-courts s’est pour ainsi dire imposée en raison du très grand nombre de documentaires de courte durée envoyés au comité de pré-sélection.

Le festival est maintenant terminé, « mais ce n’est pas fini », glisse en souriant Mareva Leu. Après la semaine de projections puis l’annonce du palmarès, l’heure est au bilan. « Les premiers chiffres vont arriver cette semaine, nous allons les analyser et tirer les conclusions qu’il convient pour faire encore mieux l’année prochaine. »

Le Fifo sur les routes

Ensuite, le festival partira en voyage. « Au total, le Fifo organise des projections dans treize îles polynésiennes pendant trois mois », précise Mareva Leu. Premières escales : les Raromata’i (les îles Sous-le-Vent) en mars. Puis, il traversera les frontières, direction : la Nouvelle-Zélande, Wallis-et-Futuna, la Nouvelle-Calédonie, Rapa Nui et la France.