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Making Good Men, grand vainqueur du FIFO 2018

Vendredi 9 février s’est déroulée la cérémonie de remise des prix de cette 15ième édition du FIFO. Le film Making Good Men a remporté le grand prix de ce FIFO 2018.

 

 

« L’écrivain Le Clézio disait de l’Océanie, qu’il était un continent invisible. Avec ce 15ième FIFO, nous avons éclairé ce continent ». C’est avec ces mots que Wallès Kotra, père fondateur du festival, lance la soirée de cérémonie de remise des prix de ce FIFO 2018. Avant de donner le palmarès des prix du jury de cette 15ième édition, la cérémonie débute avec le prix du marathon d’écriture de scénario adressé cette année aux scolaires. C’est le jeune Tanguy Guais qui remporte le prix et un billet Air Tahiti Nui, partenaire de cet atelier du FIFO. Place ensuite à la 9ième nuit de la fiction, qui a ouvert le festival samedi 3 février. C’est le court-métrage The World in Your Window de Zoe McIntosh, réalisatrice habituée du FIFO, qui remporte le prix. Kanu Belong Keram, court-métrage racontant la construction d’une pirogue en Papouasie Nouvelle-Guinée, gagne le prix du meilleur court-métrage documentaire, nouveauté de ce FIFO 2018. Le Prix Okeanos revient au film Blue de Katrina Holden. « Ce film est un rappel : nous jouons tous un rôle dans la protection des océans », explique Paul Wilson, consul d’Australie, sur la scène du Grand Théâtre. L’homme salue le message de ce documentaire qui raconte comment l’homme est responsable de la pollution de l’Océan. Un film qui a ému les spectateurs du FIFO.

 

Les histoires humaines récompensées

 

Après une petite pause avec un spectacle de danse polynésienne de la troupe Hei Tahiti, vainqueur du Hura Tapairu dans la catégorie Mehura en 2017, place aux prix du FIFO. « Ce festival a été un moment merveilleux, une très belle expérience. En dehors de la pluie, tout a été parfait », explique le président du jury Eric Lavaine qui salue les membres de ce jury 2018. « Nous n’avons pas toujours été d’accord entre nous, mais nous avons justement eu de vrais débats. C’était très agréable de vous avoir écouté et d’avoir pu échanger ». C’est la réalisatrice Kim Webby qui remet le premier prix spécial du jury. Un prix qui revient au premier documentaire du Timor oriental sélectionné au FIFO, Abdul et José. « C’est un grand honneur de recevoir ce prix, cela représente beaucoup pour notre équipe », confie émue la productrice du documentaire. Le deuxième prix spécial, remis par Guillaume Soulard, récompense Joey and the Leitis. « On est en charge d’une mission importante : avec ces prix nous voulons faire parler d’initiatives d’hommes et de femmes. Je vous prie d’applaudir Joey and the Leitis » Joey, protagoniste du documentaire, monte sur scène avec les deux réalisateurs, Joe Wilson et Dean Hamer, qui avaient déjà été récompensé au FIFO en 2015 pour leur film Kumu Hina. « Nous voudrions dédicacer ce prix à toutes les personnes qui souffrent de discrimination et qui sont homosexuelles », confie émue aux larmes Joey qui lutte dans son pays contre les discriminations faites aux mahu. Le troisième prix spécial, remis par Lavinia Tagane, revient au film Pouvana’a, ni haine ni rancune réalisé par Jacques Navarro-Rovira. « C’est un film important car il permet de ne pas oublier l’histoire de cet homme », explique le réalisateur.

 

Message universel

 

Noëlla Tau monte sur scène pour annoncer le prix du public qui revient à Frère des arbres. Une surprise pour le réalisateur Marc Dozier. « Si j’avais su, j’aurais préparé un discours. Mon film n’est pas meilleur que les autres mais il est différent. Je voudrais que ce prix on le partage avec tous les réalisateurs ». Vient enfin le moment tant attendu de cette soirée : la remise du Grand Prix. « Tous les films ont un esprit différent et des histoires. Ils donnent une conscience des choses. Le FIFO est extraordinaire car il nous fait réfléchir », souligne Eric Lavaine, président du jury, avant d’annoncer le Grand Prix. Making Good Men est le grand vainqueur de ce FIFO 2018. « Je reçois ce prix avec beaucoup d’humilité car je ne m’y attendais pas », confie Fiona Apanui-Kupenga, réalisatrice. La soirée se termine comme elle a commencé en musique avec déjà un rendez-vous à prendre : le FIFO 2019 aura lieu du 2 au 10 février 2019 !

 

 

Jacques Navarro-Rovira, réalisateur de Pouvana’a, ni haine ni rancune

 

Quelle signification vous accordez à ce prix ce soir ?

Le jury a compris l’importance du sujet et du personnage. Il s’est dit qu’en donnant un prix à ce film, cela lui donnerait plus de visibilité et d’audience notamment en Métropole où les gens ne connaissent pas cette histoire qui est une lourde injustice. Ce prix aide à la réparer.

 

Quel retour avez-vous eu des spectateurs ?

Les gens ont plutôt bien réagi et ont découvert quelques informations dans ce film, qui n’étaient jusqu’alors pas sorti. Lors d’un conseil des ministres avec De Gaulle, on apprend que Pouvana’a ne pouvait pas être gardé comme vice président du conseil du gouvernement. De Gaulle demande alors que des mesures soient prises !

 

 

Joey, protagoniste de Joey and the Leitis

 

Que représente ce prix pour vous ?

Ce prix récompense la lutte contre ces discriminations qui doit être racontée et dite, et le travail qui a été fait. Merci aux réalisateurs d’avoir permis à ce film d’être fait et d’être vu.

 

Qu’est-ce qui va se passer en rentrant à Tonga avec ce film ?

On risque de beaucoup en parler. On va essayer de le projeter en rentrant chez moi, notamment pour la communauté LGBT

 

 

Making Good Men, de Fiona Apanui Kupenga

 

Que représente ce prix pour vous ?

C’est une très belle récompense pour moi mais aussi pour les personnages de mon film. Même si l’histoire est néo-zéalandiase, c’est un message universel qui a été récompensé ce soir. J’ai passé une semaine extraordinaire ici au FIFO, j’ai rencontré beaucoup de producteurs et réalisateurs.

 

Avez-vous déjà reçu des prix avec ce film ?

Oui, nous avons remporté le prix du festival Doc Edge et un prix de la télévision néo-zélandaise. C’est incroyable de recevoir encore un prix d’un pays du Pacifique

 

 

Frère des arbres, l’appel d’un chef papou de Marc Dozier

 

Que signifie ce prix du public pour vous ?

C’est important pour nous ce prix car il porte un message qui nous concerne tout. Peu importe où nous vivons, l’essentiel est de continuer à prendre soin de la planète. C’est très important que ce film ait plu à un public du Pacifique. Je pense que Mundiya sera très heureux de recevoir ce prix.

 

Pourquoi la Papouasie est méconnue ?

On regarde toujours le monde de son nombril et hélas pas assez du point de vue d’autres civilisation. C’est aussi le sujet de ce film : pour une fois, on donne la parole à un représentant des peuples autochtones qui donnent sa vision du monde.

 

 

Eric Lavaine, président du jury

 

Pourquoi Making Good Men ?

Ce film est très fort visuellement et le sujet est universel, il n’est pas centré seulement sur le Pacifique. C’est l’histoire de deux hommes connus dans leur pays. Et réussir à croiser le destin de ces deux personnalités, c’est bouleversant. De leur rencontre, ils vont devenir des hommes.

 

Qu’est-ce que vous avez appris de l’Océanie ?

L’intérêt d’un festival comme le FIFO est qu’il nous pousse à regarder des films qu’on ne regarderait pas forcément chez soi, et vivre une aventure, quelque chose de différent. En tant que président du jury, on m’oblige à voir des films, on m’oblige à me perdre et à aller dans des territoires que je ne connaissais pas. J’en ressors très riche. J’ai appris beaucoup de choses.

 

Qu’allez-vous dire de la Polynésie à votre retour à Paris ?

De ne pas partir dans les îles en février s’ils veulent voir du soleil (rires). Plus sérieusement, il faut voyager dans ces îles une fois dans sa vie. Il faut connaître ça.

 

 

 

FIFO / Suliane Favennec