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Pitch dating, un succès grandissant

 

Jeudi après-midi une quinzaine d’amateurs et de professionnels sont venus défendre leurs idées de film devant des professionnels du secteur : diffuseurs, acheteurs, producteurs… Les rencontres ont été chronométrées. Ils avaient huit minutes pour séduire.

Le concept du pitch dating est simple : comme au cours d’un speed dating, chaque participant a quelques minutes (huit exactement) pour séduire son interlocuteur. Pendant le temps qui lui est imparti il doit expliquer son projet de documentaire, trouver les mots qui touchent et les arguments qui font mouche. De possibles financements sont en jeu.

Une association active

Le Pitch dating existe depuis trois ans. Il s’inscrit, doucement mais surement, comme un rendez-vous attendu. Ce rendez-vous a été initié par l’association tahitienne des professionnels d’audiovisuel (ATPA). « On se voit un peu comme les bébés du FIFO », explique Eliane Koller, membre de l’association. « Parce que l’ATPA est née lors de la première édition du festival. On voulait avoir une présence visible au FIFO. On a commencé avec l’Océania Pitch il y a huit ans auquel on a dû mettre un terme car c’était extrêmement coûteux. Le Pitch Dating a pris la suite et ça fonctionne bien. »

Eliane Koller constate un intérêt grandissant pour cette manifestation. « L’avantage que j’y vois c’est que c’est accessible à tout le monde, un amateur, une classe, une association peuvent venir pitcher », se réjouit-elle.

Des pitcheurs amateurs et professionnels

Ce jeudi après-midi une quinzaine de pitcheurs se prête au jeu. Michèle Lewon tente l’aventure. Elle est venue avec son livre, L’Envol paru chez Elzévir en 2008. « C’est l’histoire de la dernière archéologue polynésienne, Marimari qui a travaillé avec les anthropologues américains Yosihiko Sinoto et Keneth Emory. Ensemble ils ont notamment mis au jour les marae en Polynésie. Pierre Verin m’a dit, alors qu’il était président de l’université, qu’ils n’avaient pas été honnêtes avec Marimari. C’était une époque où les femmes n’étaient pas reconnues quoi qu’elles fassent. Elle avait découvert beaucoup de choses elle-même alors que ce sont les hommes qui ont été mis en avant. » Michèle Lewon a travaillé sur un scénario et voudrait rendrait hommage à Marimari, parler de la place de la femme et des marae « qu’on ne connaît finalement pas si bien que ça en Polynésie ».

Une douzaine de professionnels du secteur ont patiemment écouté les histoires qui leur étaient contées. À l’affût de nouvelles idées à tourner, ils ont interrogé, regardé les livres, photos et vidéos présentés par les pitcheurs pour appuyer leurs propos. Tiare Nui Pahuiri de TNTV attendait « de la nouveauté, que ce soit des sujets ou des approches. Le Pitch dating est l’occasion de rencontrer des personnes qu’on ne voit pas d’habitude et d’entendre parler d’histoires que l’on traite rarement. »

Elle prend l’exemple de Dean Hammer et Joe Wilson, les réalisateurs de Joey and the Leitis en lice pour le grand prix du jury 2018. Elle vient tout juste de les recevoir et semble séduite par le projet. « Je ne peux pas vous dire tout de suite si l’on y participera mais ils veulent réaliser un documentaire sur les mahu en Polynésie et faire un parallèle avec Hawaii. Le sujet n’est pas nouveau, l’approche si. »

Conseils, pistes, contacts

Nyko pk 16 est arrivé, lui, avec un concept : une émission intitulée Dance in paradise qui consiste en douze clips. « On va faire danser des danseurs traditionnels sur la musique contemporaine dans différents pays : Japon, France, Nouvelle-Zélande. Il nous manque des sponsors et c’est pour cette raison que je suis là. » À l’issue d’un premier « date », il se dit satisfait des échanges. Comme les autres pitcheurs, il n’a pas eu de garantie de financement. Les porteurs de projet obtiennent plutôt des conseils pour affiner leurs idées, des contacts, des pistes. Soudain les professionnels tout juste rencontrés s’avancent vers Nyko pk 16. Ils sollicitent un second rendez vous. Ils veulent en savoir plus sur ce concept qu’ils trouvent prometteur. « C’est bon signe ! », sourit-il en retournant s’assoir.

 

FIFO / Delphine Barrais