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Aotearoa, 50 Maohi chez les Maori : la rencontre entre les cousins de la Polynésie

Aotearoa, 50 Maohi chez les Maori raconte le voyage des élèves du lycée Raapoto chez leurs cousins de Nouvelle-Zélande. Un voyage culturel riche en échanges… Le documentaire, réalisé par Mike Leyral, est présenté dans le thème « Plus d’Océanie » lors de ce FIFO 2019.

Des émotions fortes, des rires, des pleurs… Les élèves du lycée Raapoto se souviendront de ce voyage unique chez leurs cousins d’Aotearoa. Ils étaient une cinquantaine à y participer. Tous ont été sélectionnés pour leurs talents culturels : danse, chant ou encore rame. Partis en mars 2018, ils se sont plongés durant deux semaines dans un autre univers polynésien : celui des Maori. « Ces voyages sont très importants car on ne parle pas assez de l’Océanie dans les programmes scolaires, et lorsqu’on en parle, cela reste abstrait. Là, c’était du concret. Les élèves se sont immergés dans la culture des Maori », raconte Mike Leyral, le réalisateur qui a partagé ce séjour avec les jeunes élèves. Durant 57 minutes, le documentaire Aotearoa, 50 Maohi chez les Maori, présenté dans la catégorie « Plus d’Océanie » de ce FIFO 2019, transporte le spectateur au cœur de ces échanges culturels qui se sont joués entre les élèves Maohi et les élèves Maori.

Un partage de culture

Au programme de ce voyage : découvrir les villages traditionnels et les écoles d’immersion, qui permettent aux jeunes de maîtriser leur langue et leur culture, mais aussi s’immerger dans les familles maori où ils ont passé quelques nuits. Les élèves du lycée Raapoto ont été accueillis dans la tradition, avec des chants maori. En retour, ils ont préparé un spectacle de danse. Ces jeunes ont surtout partagé leur culture : pour les Maohi il s’agissait d’apprendre le haka, à manier le bâton ou encore les pas des danses maori ; pour les Maori de découvrir les gestes et les chants maohi. « On sent une vraie différence entre les deux cultures, les danses maori sont beaucoup plus réservées mais il y a une forme d’énergie extérieure qui transparaît. Les élèves du lycée Raapoto l’ont sentie », confie le réalisateur, à l’instar des jeunes, a été marqué par un moment en particulier : le haka au marae dans le nord de l’île. « Il nous a bouleversé. C’était un haka d’adieu, et non celui qu’on a l’habitude de voir qui est un haka d’accueil. Tous les moments les plus forts dans le séjour et le film ont été ceux de partage et de découverte ». Parmi eux, celui où les jeunes Maohi touchent le va’a qui a transporté leurs ancêtres de Raiatea jusqu’à Taputapuatea.

Le regard des jeunes

Si les élèves du lycée Raapoto ont découvert une partie de l’histoire d’Aotearea, ceux des écoles maori ont, eux, un peu plus de connaissances sur leurs ancêtres de Taputapuätea. Et, pour cause, ils étudient dans des écoles d’immersion qui leur enseignent la culture et la langue maori. « Du coup, ils ont une vraie connaissance dès le plus jeune âge. Ces écoles ont interrogé nos élèves car le système est différent de celui qu’on a ici. Certains voudraient en voir à Tahiti, d’autres estiment que cela empêcherait la mixité. A Tahiti, la culture est pour tout le monde alors qu’en Nouvelle-Zélande, dans ces écoles, cela s’adresse aux Maori. »  Quoiqu’il en soit, après deux semaines d’échanges, les élèves du lycée Raapoto sont repartis émus aux larmes mais plus riches, de cette terre polynésienne qui leur est si proche et si loin à la fois. Ils se sont d’ailleurs beaucoup interrogés sur leur histoire commune et si différente. Aotearoa a été colonisée par les Anglais, Tahiti et ses îles par les Français. Certains des élèves se livrent sans fard dans le documentaire. « Je n’ai pas voulu intervenir dans leur discours. L’idée du film était de montrer les différences des colonisations et systèmes éducatifs, mais à travers l’œil des lycéens ». Un œil parfois naïf, souvent étonnant mais surtout riche et constructif.

FIFO – Suliane Favennec