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La 3D à portée de tous

Un nouvel atelier est proposé cette année au Fifo : l’animation en trois dimensions. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il ne suffit que d’un ordinateur, voire d’une tablette, d’un logiciel gratuit et d’un peu d’imagination pour créer son propre film en images de synthèse. Avec le guide Toarii Pouira, c’est encore plus simple de se lancer !

L’atelier n’a pas encore démarré, ce mercredi matin, que Patrick a déjà ouvert Blender, un logiciel libre et gratuit de modélisation, d’animation et de rendu en 3D. « Je découvre les menus, je prends un peu d’avance en regardant les projets enregistrés par d’autres, comme ça je serai peut-être moins perdu », précise ce participant qui gère un parc informatique dans l’administration. Mais avant de s’amuser sur l’ordinateur, il faut bien commencer par la base : qu’est-ce que l’animation 3D ? demande Toarii Pouira, qui présente cet atelier. Les trois dimensions, ce sont la hauteur, la largeur et la profondeur – « c’est évident, mais c’est bien de le rappeler », souligne le fondateur de la boîte de production Iaorana Motion, qui s’empresse de rassurer son auditoire en précisant que « ce n’est pas important d’être bon en maths ». Pour créer un film d’animation comme Moana, Coco, ou encore les images de synthèse de la série polynésienne Paripari Fenua, qu’il a coréalisée avec Virginie Tetoofa, il faut d’abord un scénario, puis un concept art (définition du style de décor et des personnages), un storyboard (la bande dessinée du film, en quelque sorte), avant de passer à la modélisation, au texturing, etc. Il y a donc de nombreuses étapes, qui sont toutes passées en revue lors de l’atelier. « C’est difficile de condenser le monde de la 3D en quatre heures, mais je leur donne les connaissances de base à avoir, je les place sur le bon pied pour qu’ils puissent se lancer », explique Toarii Pouira.

Continuer à parler le même langage que les plus jeunes

C’est exactement ce qu’est venu chercher Alexandra, dont le fils de 14 ans est passionné de jeux vidéos et trop jeune d’un an pour participer lui-même à l’atelier. « Comme on ne peut pas lui interdire de passer du temps sur l’ordinateur, je me renseigne sur ce qui existe pour le pousser à être créatif, à utiliser ces outils pour créer quelque chose ». La première bonne nouvelle est qu’il existe donc un logiciel gratuit permettant de faire de la modélisation 3D. Après la théorie, les participants découvrent cet outil en essayant d’abord de modéliser une maison ou une voiture, puis en apprenant à articuler des personnages en trois dimensions. L’autre bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas aussi compliqué qu’on le pense. Raivaru peut donc « se remettre dans le bain ». Employé de l’administration, il a un peu délaissé le domaine du numérique et commençait à sentir « un décalage avec [ses] neveux de 8/10 ans. Ça évolue tellement vite ! »

Si la plupart des participants sont là par curiosité et pour se tenir à la page, Toarii Pouira espère faire naître des vocations : « Dans le groupe, il y en a un qui est venu me voir pour me dire qu’il ne pensait pas qu’on faisait de la 3D ici, en Polynésie française. C’est vrai qu’il n’est pas courant de trouver des gens motivés par la création d’images de synthèse… » L’espoir est permis, cependant : à l’issue de l’atelier proposé aux scolaires, lundi, quatre élèves lui ont laissé leurs coordonnés pour effectuer un stage auprès de lui.

Trois autres ateliers animation 3D sont animés cette semaine : jeudi après-midi, vendredi matin et samedi matin. Une inscription est obligatoire, mais l’atelier est gratuit.