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Les films de demain se pitchent au Fifo

Neuf minutes pour séduire : c’est le principe du pitch-dating, qui a eu lieu jeudi après-midi, au Fifo. Il s’agit d’une rencontre entre des novices de l’audiovisuel, qui ont un projet de documentaire, et des producteurs locaux toujours en quête de sujets à développer. L’exercice se révèle aussi stimulant pour les pitcheurs que pour les pitchés.

Heretu Tetahiotupa et Christophe Cordier, les réalisateurs du documentaire Patutiki, l’art du tatouage des îles Marquises, en compétition officielle au Fifo cette année, ont présenté leur projet au pitch-dating il y a deux ans. Archipel production se souvient aussi avoir produit un film sur le couronnement du roi des Tonga à la suite d’une rencontre au Fifo. L’espoir est donc permis pour la dizaine de porteurs de projets venus sous le chapiteau de la Maison de la culture présenter leur projet aux quatre boîtes de production locales – Ahi company, Archipel production, Bleu lagon et Océania film.

Le stress ne se fait pas trop sentir, les porteurs de projet se disent globalement confiants – même s’ils ne sont pas du métier, ils maîtrisent bien leur sujet et peuvent en parler avec passion. Marc-André est ainsi intarissable sur son projet « un peu hors-sujet » ; il propose une fiction racontant l’histoire d’un Américain qui décide de changer de vie et de s’installer à Bora Bora. Comment a-t-il pu respecter les 9 minutes maximum de présentation, s’inquiète-t-on devant son enthousiasme ? « J’ai pris des cours ! C’est la deuxième fois que je propose mon projet, et l’an dernier, on avait bénéficié d’une séance de coaching avec des professionnels pour apprendre à être concis, à rédiger une note d’intention et un synopsis », explique-t-il.

Tester son idée en la pitchant

Les stratégies diffèrent selon les profils. Moana’ura veut créer des capsules courtes sur la littérature autochtone, sur fond de musique fusion ou classique. « Je souhaite montrer grâce à ce mixage sonore que la littérature d’ici est contemporaine », précise-t-il. Il a choisi de ne rencontrer qu’une seule boîte de production, Ahi company, parce qu’il « connaît et apprécie le travail de Virginie Tetoofa ». D’autres font au contraire le choix de multiplier les rencontres, comme Rémy, venu de Nouvelle-Zélande pour le Fifo. « Quand tu te lances, c’est important de tester ton idée auprès d’un maximum de personnes. Même si ça n’aboutit pas, ça te permet de mieux façonner ton projet », estime-t-il.

Pour beaucoup, c’est sur la question des formats qu’ils sont invités à réfléchir. On a ainsi soumis à Rémy l’idée de réaliser son projet sous forme de mini-série et non de long-métrage documentaire. Un couple de géographe et de technicien audiovisuel s’est vu suggérer de penser son sujet en termes de collection. Ils veulent filmer la vallée de Orofero, trop méconnue à leurs yeux, et sont ravis de repartir avec « de nouvelles pistes et des contacts ».

Des idées parfois farfelues

Ce n’est que dans quelques mois que l’on saura si ces rencontres auront été fructueuses, mais tous les participants ont échangé leurs coordonnées avec les producteurs et repartent avec beaucoup d’espoir. Christophe a présenté un projet de mini-série humoristique qu’il mûrit depuis un moment déjà et il a senti « un bon feeling, les producteurs avaient l’air intéressés ». Ces rencontres sont aussi stimulantes pour les pitchés, « il y a toujours des projets intéressants, certains sont ambitieux, d’autres sont au contraire très simples, il y a aussi des idées farfelues, mais on trouve toujours de bonnes choses », raconte Laurent, d’Archipel production. Cette année, l’idée la plus originale est venue de Lucas, qui cherche à « faire reconnaître les météorites qu’il a découvertes en l’an 2000 à la Presqu’île ». Documentaire ou fiction, l’histoire a peut-être séduit un producteur local…

FIFO – Elodie Largenton