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Malinda Wink : « Je cherche des histoires émouvantes et qui m’apprennent quelque chose »

Malinda Wink est membre du jury de ce FIFO 2019. Directrice du Good Pitch Australie, elle découvre la Polynésie française pour la première fois. Cette professionnelle de l’audiovisuel a hâte de découvrir les films en sélection. Rencontre.

Il s’agit de votre premier séjour en Polynésie. Quelles sont vos premières impressions ?

Ma première impression est excellente : les gens sont agréables et accueillants. Mais je suis surtout impatiente que le festival commence car j’ai vu la sélection et il y a énormément de films intéressants. Il me tarde aussi de discuter avec le jury. J’ai parlé avec certains membres mais plus sur des aspects personnels et nos premières impression, moins sur la manière dont on a va aborder les films. 

Vous êtes à l’origine du Good Pitch Australia, pouvez-vous nous expliquer en quoi cela consiste ?

Le Good Pitch est une plateforme pour que les films se fassent. Good Pitch Australia a aidé 19 films en 5 ans. Parmi eux, des films qui ont été projetés au FIFO comme Blue et The Opposition. Ce dernier d’ailleurs a remporté le Grand prix en 2017. Cette année, il y a le film Diying to live qui est un projet Good Pitch. Le Good Pitch n’est pas là uniquement pour que les films trouvent les financements pour se faire mais aussi pour qu’il y ait un impact tout autour avec un tas d’acteurs différents. Cela peut être des décisionnaires au niveau juridique, des ONG, des experts, des fondations, des médias, des personnes qui s’occupent des lois ou de l’éducation… Tout un réseau très diversifié qui va aider à ce qu’un film se fasse et qu’il ait une vie après. L’objectif est d’utiliser les films pour faire changer les comportements et procéder à des prises de conscience.

Cette année le FIFO présente justement le Good Pitch Pasifika, est-ce important pour vous d’être ici à cette occasion ?

Le Good Pitch est différent selon l’endroit du monde où cela se produit. Le Good Pitch Pasifika sera unique par rapport aux conditions locales, à la politique locale, à la législation locale. On peut partager et profiter des expériences des différents Good Pitch ailleurs dans le monde.  On fait partie d’un réseau global de réalisateurs et réalisatrices qui utilisent cette plateforme pour promouvoir le changement. La force de cette alliance est que les connexions sont là, donc le Good Pitch Pasifika sera connecté aux autres Good Pitch : Australia, Europe, USA…

Le Good Pitch Pasifika va t-il permettre aux « petits » pays ou îles éloignées de se rattacher à ce réseau pour mieux se faire entendre ?

Oui, bien-sûr. Le réseau global a une fonction d’entraide donc on va tous profiter de ces interconnexions. C’est particulièrement important en ce moment car il faut diffuser les histoires du Pacifique auprès du public mondial. Elles doivent être dites et entendues pas seulement ici mais dans le reste du monde. Nous avons l’exemple du film Blue, qui était au FIFO en 2018. Des organisations internationales de protection de l’environnement ou encore des communautés qui essayent de se débarrasser du plastique se sont servis du film pour arriver à leur fin, et ce pas seulement en Australie mais partout dans le monde.

En tant que membre du jury, qu’attendez-vous d’un documentaire ?

Je cherche des histoires émouvantes et qui m’apprennent quelque chose sur un monde qui m’est étranger. Je regarde aussi le style et l’arc narratif. Comme il s’agit d’une forme visuelle, ce qui m’intéresse est de voir comment les réalisateurs ont utilisé cela au niveau visuel pour nous faire découvrir un nouveau monde, attiser notre curiosité, nous faire réfléchir et révéler quelque chose d’étonnant. Au niveau personnel, j’aime les documentaires sous toutes leurs formes mais j’ai tout de même une prédilection pour les questions de justice sociale et d’environnement.

FIFO – Suliane Favennec