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Meet the executive : une rencontre entre les diffuseurs et les acteurs locaux

C’est une des nouveautés de ce FIFO 2019. Meet the executive réunit autour de la table des diffuseurs, des producteurs et des réalisateurs. Un rendez-vous important et nécessaire pour présenter la ligne éditoriale des chaînes de télévision et partager avec les acteurs locaux les différentes attentes.

Autour de la table, des diffuseurs, des producteurs, des réalisateurs, des cinéastes. Une vingtaine de personnes qui représentent et font le documentaire d’aujourd’hui. Meet The executive est le nouveau rendez-vous proposé par le FIFO. En quoi consiste-t-il ? Et bien justement à faire se rencontrer les professionnels de l’audiovisuel entre eux, de permettre aux diffuseurs de partager leurs attentes avec les producteurs et réalisateurs. De quoi est-il question ? De ligne éditoriale, un repère indispensable pour positionner l’offre sur le marché de l’audiovisuel. Ce jeudi 7 février s’est déroulé le premier Meet the executive du FIFO. La loge 2 de la Maison de la Culture a bouillonné durant près de deux heures. Autour de la table, le pôle Outre-mer de France Télévisions et une quinzaine de producteurs et réalisateurs locaux.

Une case documentaire régional

Luc de Saint-Sernin, directeur en charge du conseil éditorial du pôle Outre-mer de France Télévisions, fait le tour de table avant de lancer les débats. Une occasion de présenter la situation actuelle du pôle Outre-mer. « On est en pleine transformation. Nous avons deux espaces de travail : les Outre-mer 1er et France Ô. En région, on maintient coûte que coûte l’investissement documentaire car cela structure une offre. On axe le travail autour du stocks tant en volume qu’en éditorial. Et l’objectif pour la rentrée prochaine est que chaque territoire aura une case documentaire régional et la case « Archipels ». On doit diversifier les genres, valoriser les Outre-mer et avoir une exigence des écritures ». Dans l’assemblée, on sent néanmoins l’inquiétude. La question est sur toutes les lèvres : « France Ô va être supprimée, y aura-t-il de l’argent encore pour le documentaire ? », interroge Eliane Koller, productrice et réalisatrice en Polynésie française. « Il y a de l’investissement prévu pour une filière documentaire solide, confirme Luc de Saint-Sernin, Mais nous reviendrons plus tard sur cette question. » L’heure est à la présentation des lignes éditoriales et de l’offre de France Ô et des différentes 1ières des Outre-mer  dont celle de l’Océanie : la Polynésie, la Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna. On apprend ainsi que Polynésie la 1ère va faire de son programme mensuel Patitifa un rendez-vous hebdomadaire dès la rentrée 2019. En Nouvelle-Calédonie, on continue d’ouvrir à la région océanienne mais aussi aux regards extérieurs. A Wallis-et-Futuna, on a des idées mais la difficulté est d’abord de trouver les moyens et les compétences. Enfin, à France Ô, on estime que l’offre est utile même si la chaîne va fermer en août 2020. Des solutions sont imaginées et proposées pour combler ce vide, et on tente de rassurer en annonçant la création d’une plateforme avec un contenu digital natif.

Une plateforme de contenu

La suppression de France Ô est, en effet, au cœur du débat. Quelle sera la visibilité des Outre-mer après sa fermeture ? Béatrice Nivois, directrice de l’unité documentaire de France Ô, explique : « Nous travaillons pour que les documentaires des Outre-mer soient visibles sur une chaîne du groupe. Aujourd’hui, ni la case ni l’offre ne sont encore définies. C’est un travail compliqué ». « Quel sera justement l’accès au contenu ? », interroge un réalisateur. Tour à tour, les différents acteurs de France Télévisions répondent : il est question, donc, de diffuser sur une chaîne du groupe mais aussi de la plateforme de contenu digital natif. « On va créer une vraie offre avec une puissance donc on met une organisation en place. Le maître mot de tout ça est que nous mettons le public au cœur du dispositif, souligne Luc de Saint-Sernin, On est plein d’ambition pour continuer le documentaire et nous vous invitons à faire des propositions de contenu. Car, plus ça va, et plus l’offre digitale sera importante. On le voit bien par exemple avec Netflix ou Amazon. On doit prendre le train en marche, alors peut-être qu’il y aura moins de volume mais la représentativité des Outre-mer sera présente et bien visible ».

Se voir et partager

Une offre qui ne convainc pas encore tous les participants : « Est-ce que le spectateur va aller chercher le documentaire sur une plateforme ? Généralement, le spectateur regarde un documentaire car il est devant la TV et tombe par hasard dessus. Il ne va pas aller le chercher », s’interroge Philippe Sintès, producteur et réalisateur. Si à la sortie de cette réunion, le flou réside encore dans l’esprit des producteurs et réalisateurs locaux, on admet que ce rendez-vous a permis de se parler. « Même si c’est encore nébuleux autour de la suite après la suppression de France Ô, c’est vraiment bien qu’on puisse rencontrer tous les acteurs du pôle Outre-mer de France TV. Ca arrive rarement donc c’est positif ! », souligne Denis Pinson, réalisateur et producteur. Thomas Delorme, qui vient de Métropole, a lui aussi apprécié de pouvoir rencontrer les antennes 1ière comme Polynésie la 1ère. Après le meeting commun, certains participants ont d’ailleurs fait un one to one avec des acteurs de France TV. Thomas, réalisateur de Hine Tai’a – Chronique d’une famille de pêcheurs, a rencontré Gérald Prufer, directeur régional de Polynésie la 1ière. « Pour moi qui viens de Métropole, c’est vraiment intéressant d’avoir des contacts avec les antennes. Ca me permet de diversifier mes propositions ». Les différents interlocuteurs du pôle Outre-mer de France Télévisions ont d’ailleurs souhaité rassurer les acteurs locaux : toutes les portes sont ouvertes. « A nous, en fonction du sujet, de vous diriger vers le bon interlocuteur, précise Patrick Durant-Gaillard, rédacteur en chef des magazines TV et éditeur d’ « Archipels » du bassin Pacifique. On doit faire traverser les sujets des uns et des autres. Ensuite, il y a du suivi dans vos projets, on souhaite vous aider à trouver des financements ». C’est sur cette note positive et rassurante que ce premier Meet the executive s’est clôt.


FIFO – Suliane Favennec