PORTRAIT – Fabienne Hanclot est l’actuelle directrice de l’Ardèche Images à Lussas. Elle en Polynésie française pour la première fois et est membre du jury du Fifo 2026.

Rieuse et rêveuse, Fabienne Hanclot a soif de découverte. Très perfectionniste, elle entretient un lien très profond avec l’image. Elle naît et grandit dans une petite ville entre l’industrie et la mer, Port-Saint-Louis-du-Rhône. C’est là-bas, dans le petit cinéma du coin qu’elle découvre sa passion pour les récits. Son monde s’ouvre dès lors à l’imaginaire. Des images pleins la tête, elle rêve d’en faire son métier. Après un baccalauréat, elle part direction l’Angleterre pour des études de langues avec option cinéma. Ces études terminées, elle embarque pour les Etats-Unis pour y travailler. Elle enchaîne les métiers liés à l’image.  « Mon parcours est lié à la diffusion de film, de fiction et de documentaire. J’aime cet univers », souligne Fabienne. 

Son curriculum vitae impressionne. Ancienne directrice du Festival du film français d’Athènes durant sept ans, elle a par la suite été directrice d’une salle de cinéma en région parisienne. « Cette ouverture vers le monde m’a appris à connaître d’autres cultures, de m’intéresser à d’autres visions, d’autres récits. C’est très enrichissant », souligne l’actuelle membre du jury du Fifo 2026. Fabienne enchaîne les aventures. Elle a par le suite été déléguée générale de l’ACID (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion – Ndlr) «  qui est une section parallèle au festival de Cannes », précise Fabienne. Un poste qu’elle occupe durant 13 ans.  Elle ne s’arrête pas en si bon chemin puisqu’elle a ensuite dirigé le service de soutien à la diversité de la création du CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée – Ndlr). Depuis septembre 2024, elle est à la direction d’Ardèche Images à Lussas. 

Un parcours riche qu’elle n’échangerai pour rien au monde. « C’est le cinéma qui m’a ouvert au monde. Cela m’a fait voir que d’autres mondes, d’autres vies étaient possibles. Et puis il y a eu des personnes qui m’ont transmis cela. Ils ont eu le rôle de passeur. Je ne viens pas du tout d’une famille qui était du milieu. Je suis tombée la dedans en voyant des films et en rencontrant des personnes qui avaient la même passion. J’ai l’impression que toute ma vie, comme on l’a fait pour moi, je la transmets aux autres », sourit Fabienne. Elle poursuit : « Ce que j’aime c’est la puissance de l’imaginaire. J’aime pouvoir offrir d’autres imaginaires.  J’aime l’imaginaire libre où l’on peut partager d’autres cultures. Ça me semble important pour nous, pour nos enfants ».

« Découvrir d’autres cultures »

Toujours en quête de nouveaux récits, Fabienne fait en sorte de passer le flambeau. « Nous avons au sein d’Ardèche images. Je fais en sorte de donner aux étudiants que je surpervise, toutes les armes pour être le plus libre possible et trouver de nouvelles voies d’expression. Mon travail c’est vraiment d’ouvrir les gens à l’imaginaire, à des choses qu’ils n’auraient pas forcément envie de voir, ou alors auquel, ils n’auraient pas forcément eu accès. C’est d’autant plus vrai dans le documentaire. On va à la rencontre de l’autre et de la vérité. C’est pour ça, qu’on fait ce métier. On est là pour découvrir d’autres cultures, d’autres histoires. On a envie de partager tout ça », insiste la maman d’un adolescent de 12 ans.

L’imaginaire occupe toute ses pensées, Fabienne le nourrit à travers ses nombreux voyages. Elle adore par ailleurs la musique et danser. Elle raconte par ailleurs : « J’ai vécu 7 ans en Grèce à Athènes. Je me suis donc beaucoup intéressée à la musique traditionnelle, de comment l’art faisait partie du quotidien des gens. Je suis devenue très sensible à l’art ».

Utopiste, elle espère un monde meilleur. « Notre époque est très difficile, très folle et donne encore plus de sens à notre travail. Aujourd’hui, malgré tous les écrans, je trouve qu’il y a une fermeture de tous les imaginaires. C’est une propagande dingue sur des images folles. Aujourd’hui, j’ai l’impression que tout peut se fermer, malgré l’omniprésence d’écran », souffle la directrice. 

Engagée, Fabienne se décrit comme « un taureau qui fonce ». 

Aujourd’hui, elle est heureuse de faire partie du membre du jury du Fifo. « J’ai hâte de découvrir de nouvelles cultures. Je ne connais pas du tout l’Océanie et j’ai hâte de découvrir tout cela à travers le Festival. Je suis pour l’ouverture à tout prix et sortir des idées que l’on peut avoir. J’ai hâte d’entendre des récits que l’on n’entend pas que l’on ne voit pas en Métropole. J’ai le désir, si les films s’y prêtent, de pouvoir ensuite les montrer en Ardèche », conclut Fabienne Hanclot.

Crédits : Jenny Hunter – FIFO Tahiti

Photo : Studio Marama – FIFO Tahiti