FIFO 2026 – Une table ronde autour de la coopération régionale, le soutien et le développement de la
filière audiovisuelle dans le Pacifique s’est tenue au FIFO avec l’annonce d’un fond pour le Pacifique
« Pacific Echoes ». La création du Tahiti Film Commission qui regroupe les professionnels locaux a
également été annoncé.
Le FIFO est riche en ateliers, programmes professionnels, tables rondes et rencontres entre professionnels.
Tout au long de la semaine dernière, réalisateurs, programmateurs, diffuseurs, représentants de la CPS
(Communauté du Pacifique) ont enchaîné les rendez-vous où le public a pris connaissance des nouveautés
à venir dans l’audiovisuel.
Premièrement, la création du Tahiti Film Commission. Après des années de tentatives pour créer une sorte
de « film office » en Polynésie, les représentants de la DGEN, Direction générale de l’économie
numérique, ont annoncé sa création, début février. Le Tahiti Film Commission est dédié à l’accueil des
tournages au fenua et a vocation à devenir un guichet unique.
Il accompagne les productions audiovisuelles et cinématographiques locales et internationales dans leurs
démarches administratives et logistiques. Il facilite la coordination avec les services publics et les
professionnels du secteur. Il accompagne les porteurs de projets sur les dispositifs d’aides polynésiens
dédiés à la filière audiovisuelle et cinématographique. Censé contribué au rayonnement international de la
filière audiovisuelle polynésienne, le TFC en est toutefois à ses débuts et la DGEN n’a pas fait de grande
annonce, hormis la création du TFC.
Deuxième rendez-vous important, une table ronde sur la coopération régionale, le soutien et le
développement de la filière audiovisuelle dans le Pacifique. « Dans un monde de plus en plus agité, les
pays du Pacifique ressentent aujourd’hui le besoin d’intégrer l’audiovisuel dans leur stratégie culturelle et
se mobilisent pour soutenir le développement de la filière. Les 27 états et territoires de la CPS
(Communauté du Pacifique) réunis récemment aux îles Tonga ont adopté un projet d’aide à la production
audiovisuelle en Océanie soutenu par la France: le Fonds de soutien à la création Pacific Echoes »,
explique Emile Kairua, président du Council of Pacific Arts and Culture (CPAC) et Secrétaire du
Ministère du Développement Culturel, Îles Cook .
Pacific echoes est un fonds sur lequel la CPS a travaillé depuis plusieurs années. « Pacific echoes stories
by our people for our people. Ce sont des histoires par les gens du Pacifique pour les gens du Pacifique »,
rebondit Clotilde Richalet, conseillère à l’information et mobilisation de la CPS.
Ce fonds est financé par l’Australie et la France. L’Australie a déjà engagé les fonds à hauteur de 1,5
million de dollars australien (106 659 603 Fcfp) pour trois ans. C’est le principal donneur. La France
s’engage elle à donner 350 000 euros (soit environ 41 766 109 Fcfp) par an sur trois ans. Actuellement,
seuls les fonds pour 2026 ont été versés.
« Ces fonds serviront essentiellement pour deux choses. La première, c’est la sauvegarde du patrimoine
culturel. Il y a tout un travail de digitalisation et de numérisation à faire des archives de la CPS. La
communauté du Pacifique va avoir 80 ans l’année prochaine, donc il y a énormément d’archives, de films,
de photographie, d’audio qui ont été fait sur toutes les conférences annuelles des arts traditionnels. Il y a
aussi toutes les archives des FestPac. La deuxième partie va concerner le soutien à la création
audiovisuelle et à la narration (storytelling). Tout cela pour que l’on puisse avoir des histoires à raconter
par les océaniens pour les océaniens », souligne Clotilde Richalet.
Au niveau du calendrier et de la mise en place des actions, un premier groupe de travail se réunira en
avril. Participeront également les différents ministres de la culture. « Il faut aussi que l’on mette au point
des formations pour ceux qui veulent faire de l’audiovisuel mais qui n’ont pas les structures en place dans
leur pays. Un peu comme ce que vous proposez au FIFO. On s’inspire beaucoup de ce qui se fait au
FIFO », explique Clotilde Richalet.
« Raconter nos propres histoires avec nos propres mots »
Emile Kairua, est profondément attaché à ce projet. Il en souligne la nécessité. « C’est important pour
nous qu’en tant que peuples du Pacifique de raconter nos propres histoires avec nos propres mots, notre
identité océanienne et ne pas être influencé par ceux qui nous donnent des fonds. C’est important pour
garder notre authenticité et la retranscription de nos identités et nos cultures. Nous sommes les seuls à dire
ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas.
Il conclut : « La conclusion est l’honnêteté que l’on doit tous avoir par rapport à la façon dont on raconte
les choses. C’est à dire que même en allant à la rencontre de potentiels fournisseurs de fonds, il faut
toujours que la culture et les valeurs que l’on porte en nous passent avant les intérêts financiers. Un
développement sans cultures, ne peut pas être durable. C’est cela qu’il faut garder en tête, c’est de rester
honnête. Il faut toujours mettre en avant la culture, même si ça veut dire que l’on passe à côté de certaines
opportunités ».
Crédits : Jenny Hunter – FIFO Tahiti
Photo : Studio Marama – FIFO Tahiti